Le pape François est mort à l’âge de 88 ans, selon le Vatican : une figure marquante de l’Église catholique s’éteint

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Vatican, lundi 21 avril 2025 — Le pape François est décédé ce lundi de Pâques à l’âge de 88 ans, à la Casa Santa Marta, sa résidence au Vatican. L’annonce a été faite avec émotion par le cardinal Kevin Farrell, qui a salué la mémoire d’un homme « fidèle, courageux et aimant » dont toute la vie fut « consacrée au service du Seigneur et de son Église ».

À 7h35, l’évêque de Rome s’est « endormi dans le Seigneur », mettant fin à un pontificat de plus d’une décennie, marqué à la fois par les réformes audacieuses, les gestes d’humilité, et les tensions internes au sein de la Curie romaine.

Un pape venu du Sud

Jorge Mario Bergoglio était un homme de premières. Premier pape originaire des Amériques et du monde hispanophone, premier jésuite à accéder au trône de Saint-Pierre, il avait été élu en 2013, à l’âge de 76 ans, dans le contexte d’une Église en pleine tempête morale et doctrinale. Succédant à Benoît XVI — premier pape à abdiquer depuis six siècles —, François avait dès le départ affiché une volonté de rupture.

Renonçant au faste, il préféra vivre dans un modeste appartement d’hôtes plutôt que dans les appartements pontificaux, fuyant limousine et titres honorifiques. Son style direct et pastoral, ses appels constants à une « Église pauvre pour les pauvres » et sa proximité avec les fidèles ont marqué les esprits.

Réformateur et figure controversée

Le pape François s’était lancé dans une entreprise de réforme de la gouvernance vaticane, souvent freinée par la résistance de factions conservatrices. Sa volonté de transparence financière, de lutte contre les abus sexuels au sein du clergé et son appel au dialogue interreligieux ont suscité autant d’espoirs que de critiques.

Ses positions modérées sur les homosexuels, sa main tendue aux divorcés remariés, ses appels à une prise de conscience écologique (notamment à travers l’encyclique Laudato Si’) ont séduit bien au-delà des cercles catholiques traditionnels, mais irrité les défenseurs de l’orthodoxie doctrinale.

Une vie marquée par la simplicité

Né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, fils d’un cheminot italien ayant fui le fascisme, Bergoglio était chimiste de formation, ancien videur de boîte de nuit, et amateur de tango. Devenu jésuite, il a été ordonné prêtre en 1969, puis nommé archevêque de Buenos Aires en 1998. Créé cardinal par Jean-Paul II, il avait acquis une réputation d’homme austère, mais proche du peuple.

Sa santé fut fragile : une pneumonie dans sa jeunesse l’avait laissé avec un seul poumon fonctionnel, et les douleurs chroniques au genou l’ont souvent contraint à utiliser un fauteuil roulant dans ses dernières années. Il n’en est pas moins resté actif jusqu’à la fin, voyageant encore récemment en Asie et en Afrique.

Ombres et héritage

Le pontificat de François a aussi été terni par des accusations d’inaction face à des scandales d’abus sexuels dans l’Église. Si certains l’ont accusé d’indulgence ou d’ambiguïté, il fut également l’un des premiers papes à démettre des cardinaux de haut rang pour de tels faits, notamment Theodore McCarrick, en 2019.

Son rôle diplomatique a été déterminant dans le rapprochement entre Cuba et les États-Unis, et il s’est illustré comme un fervent artisan de paix, notamment en Ukraine, au Soudan du Sud et en Terre Sainte.

Une Église changée

François aura profondément transformé le visage du catholicisme mondial. Sous son pontificat, plus de 140 cardinaux ont été nommés, issus pour beaucoup de pays du Sud, donnant une tonalité résolument plus globale à l’Église. Il a promu le rôle des femmes dans la Curie, sans aller jusqu’à ouvrir la voie à leur ordination, et a soutenu la voix des laïcs dans la gouvernance ecclésiale.

Il laisse derrière lui une Église en tension entre tradition et modernité, mais sans doute plus ouverte, plus humble et plus universelle qu’elle ne l’était en 2013.

« Si je devais choisir entre une Église blessée qui descend dans la rue, et une Église malade enfermée sur elle-même, je choisirais la première », disait-il peu après son élection. À bien des égards, cette phrase résume le testament spirituel de François.

Les détails de ses funérailles seront communiqués dans les prochaines heures. Le monde catholique, lui, pleure un pasteur au style inimitable, dont le sourire franc et les appels à la miséricorde résonneront encore longtemps.

P.K.

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