Face à la raréfaction des ressources publiques dans un contexte international marqué par des crises multiformes, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) a placé l’année 2026 sous le signe de la mobilisation accrue des ressources intérieures, levier essentiel de performance et de soutenabilité des finances publiques.
Dans un environnement économique mondial durablement affecté par des crises successives, la mobilisation des ressources publiques constitue un défi majeur pour les États. En Côte d’Ivoire, cette réalité a conduit la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) à faire de l’année 2026 une étape charnière, placée sous le thème : « La mobilisation des ressources intérieures, un enjeu de performance pour les services du Trésor public ».
Cette orientation stratégique intervient dans la foulée de l’adoption du budget de l’État, gestion 2026, arrêté à 17 350,2 milliards de FCFA. Dans ce cadre, les objectifs financiers assignés au Trésor public, au titre de la mobilisation des ressources non fiscales, sont évalués à 234,43 milliards de FCFA, traduisant l’ampleur des efforts attendus.
Sous la conduite de son directeur général, Ahoussi Arthur, le Trésor public entend activer plusieurs leviers majeurs afin d’atteindre ces objectifs. Il s’agit notamment de l’accroissement du niveau de mobilisation des ressources non fiscales, de l’optimisation de la gestion des ressources propres des collectivités territoriales et des établissements publics nationaux, ainsi que du renforcement de la mobilisation de l’épargne privée. À ces actions s’ajoute l’amélioration du recouvrement des recettes au sein des représentations nationales à l’extérieur.
La gestion des finances publiques dans de nombreux pays africains demeure confrontée à un paradoxe persistant : le recours, même maîtrisé, à l’endettement pour financer les besoins de l’État, alors que d’importantes niches de ressources internes restent insuffisamment exploitées. Parmi celles-ci figurent les amendes forfaitaires, les amendes judiciaires et les contraventions de police, qui représentent un potentiel de recettes non négligeable.
En tant que gestionnaire central de la trésorerie de l’État, le Trésor public affiche sa volonté d’inverser cette tendance. L’accent sera mis sur l’optimisation des mécanismes de recouvrement, la sécurisation des recettes intérieures et le renforcement de la discipline financière, afin de maximiser les ressources domestiques disponibles.
Réduire la dépendance à l’endettement
Les enjeux de cette dynamique sont considérables. À moyen et long termes, il s’agit d’accroître la part des ressources intérieures dans le financement du budget de l’État et de ses démembrements. Une telle évolution permettrait de réduire significativement le recours à l’endettement, dont les coûts et les charges budgétaires exercent une pression croissante sur les finances publiques.
À travers cette stratégie, le Trésor public ambitionne de consolider la souveraineté financière de l’État, tout en améliorant la performance des services publics et la soutenabilité globale des finances nationales.
P.K.