Côte d’Ivoire/ Justice:  Démolitions de Koumassi-Campement : le parquet livre de nouveaux éléments de l’enquête

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L’enquête ouverte après les démolitions opérées le 3 juin 2026 à Koumassi-Campement connaît de nouveaux développements. Le procureur de la République, Koné Braman, a présenté mercredi 16 septembre, au Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, les principaux éléments recueillis par le parquet.

Au cœur de la procédure figure la destruction de plusieurs constructions, alors que la décision de justice invoquée pour justifier l’opération n’aurait pas autorisé leur démolition. Selon les vérifications communiquées par le parquet, Alloui Brou Jacques avait saisi le tribunal de deux demandes relatives notamment au déguerpissement et à la démolition d’habitations situées sur le site.

La juridiction aurait finalement autorisé uniquement le déguerpissement de cinq habitations, sans ordonner leur démolition. Interpellé le 18 juin après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle il revendiquait les opérations, Alloui Brou Jacques aurait reconnu, selon le procureur, avoir procédé aux démolitions. Une information judiciaire assortie d’un mandat de dépôt a été ouverte contre lui le 29 juin.

Un périmètre de près de sept hectares

Les investigations foncières ont permis de préciser l’étendue du site concerné. Le périmètre impacté couvre 6 hectares, 88 ares et 38 centiares, répartis sur 250 lots et sept îlots. Le cadastre recense notamment 28 parcelles détenues en pleine propriété avec ACD, quatre bénéficiant d’un certificat de mutation de propriété foncière et huit disposant d’un titre foncier au nom de l’État. Cinq dossiers de morcellement seraient encore en cours de traitement. Les 205 autres parcelles ne disposeraient pas de titre foncier. Le site a depuis été placé sous-main de justice.

Des responsables administratifs entendus

Plusieurs responsables ont été auditionnés dans le cadre de l’enquête, dont le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan et le maire de Koumassi. Selon le parquet, le directeur de cabinet du ministre-gouverneur a déclaré avoir supervisé les opérations sur la base d’instructions liées au plan ORSEC. Le directeur des services techniques du District, présent sur les lieux, aurait également indiqué avoir requis des agents de police pour sécuriser l’opération. Le parquet doit désormais déterminer si le plan ORSEC pouvait légalement être invoqué dans ce contexte.

Un député concerné par les investigations

Le rôle présumé du député de Gouméré-Tabagne est également examiné. Le parquet indique qu’il aurait participé à la coordination et au financement principal de l’opération. Une procédure a été engagée afin de permettre l’examen, conformément aux règles applicables aux parlementaires, d’une éventuelle autorisation de poursuites par l’Assemblée nationale. L’information judiciaire se poursuit. Le parquet rappelle que les responsabilités individuelles devront être établies au terme de la procédure.

P.K.

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