Le développement du champ pétrolier Baleine franchit une nouvelle étape. Après avoir triplé sa production en moins de trois ans, passant de 20 000 à 60 000 barils de pétrole par jour, le plus important gisement offshore découvert en Côte d’Ivoire s’apprête à entrer dans sa troisième phase d’exploitation.
La compagnie énergétique italienne Eni a signé, le vendredi 3 juillet, des accords majeurs avec Altera Infrastructure pour la conception, la construction, l’installation et l’exploitation d’un nouveau navire flottant de production, de stockage et de déchargement (FPSO), destiné à accompagner cette nouvelle phase de développement du projet, selon des informations publiées par Offshore Energy.
Construit en Chine par le chantier naval Wison New Energies, ce nouveau FPSO disposera d’une capacité de production de 90 000 barils de pétrole par jour, d’un stockage pouvant atteindre 1,4 million de barils et d’une capacité de traitement de 160 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour.
Le partenariat entre Eni et Altera Infrastructure comprend également un contrat d’exploitation d’une durée de 15 ans, confirmant l’engagement des deux entreprises dans le développement à long terme du champ Baleine.
Un investissement de 4 milliards de dollars
Cette troisième phase fait suite à la décision finale d’investissement (FID) prise en mai 2026, pour un montant estimé à 4 milliards de dollars.
Le projet est piloté par Eni, en partenariat avec Petroci Holding, la compagnie nationale ivoirienne, ainsi que le négociant suisse Vitol, entré au capital du projet en septembre 2025. La compagnie pétrolière nationale d’Azerbaïdjan, SOCAR, détient également une participation dans le développement du champ.
À terme, les trois phases combinées permettront au champ Baleine d’atteindre une capacité de production d’environ 150 000 barils de pétrole par jour et 200 millions de pieds cubes de gaz quotidiennement.
Cette montée en puissance illustre la progression rapide du projet. Lors de son entrée en production en août 2023, Baleine produisait environ 20 000 barils de pétrole par jour. La production est aujourd’hui estimée à 60 000 barils quotidiens.
Eni précise que la totalité du gaz extrait sera destinée au marché ivoirien afin de soutenir la production nationale d’électricité et d’accompagner le développement industriel du pays.
Un levier pour la stratégie énergétique nationale
Le développement du champ Baleine constitue un projet structurant pour le secteur énergétique ivoirien. Les autorités ambitionnent d’assurer un accès universel à l’électricité à l’horizon 2030, dans un contexte où la demande énergétique ne cesse de croître sous l’effet de la forte dynamique économique du pays.
Selon le Pacte national énergie publié en 2025, le taux d’accès à l’électricité s’établissait à environ 64 % à la fin de l’année 2023, laissant apparaître un important potentiel d’expansion des capacités de production.
Pour Altera Infrastructure, ce nouveau contrat consolide une collaboration déjà engagée avec Eni sur le champ Baleine, où l’entreprise exploite déjà deux unités flottantes dans le cadre de la deuxième phase du projet. La société a par ailleurs vu ses activités offshore rachetées en septembre 2025 par le fonds d’investissement américain Carlyle.
La mise en service du nouveau FPSO est attendue dans un délai compris entre 32 et 36 mois après la décision finale d’investissement prise en mai 2026. Le démarrage de cette troisième phase de production est ainsi prévu entre janvier et mai 2029, renforçant les ambitions de la Côte d’Ivoire de devenir un acteur majeur de la production pétrolière et gazière en Afrique de l’Ouest.
P.K.