Lors de la rencontre très attendue en 8es de finale entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal au stade Charles Konan Banny, la rivalité s’est étendue bien au-delà du terrain. Les supporters ivoiriens du Comité national de soutien aux Éléphants (Cnse) se sont retrouvés en confrontation avec leurs homologues sénégalais surnommés le “12e Gaïndé”, dans les tribunes du stade. Malgré la victoire des Éléphants sur le terrain contre les Lions de la Teranga, champion en titre (1-1, 5-4 tab), le Cnse a dû faire face à une défaite symbolique dans la bataille des supporters. Les membres du 12e Gaïndé, vêtus aux couleurs nationales (Jaune-Vert-Rouge), étaient estimés à environ 300 personnes, selon Fall Amadou, alias Doudou Fall, vice-président du 12e Gaïndé. La particularité de cette confrontation dans les tribunes a été marquée par l’utilisation des “Sabar”, un ensemble de cinq tambours coniques par les sénégalais. Ces instruments à percussion ont presqu’étouffé les sons des trompettes du Cnse, illustrant ainsi la victoire du 12e Gaïndé dans le domaine de l’animation et de la ferveur. Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, le président du Cnse, Adonis Kouadio, a été interpellé par des supporters mécontents : « les Sénégalais nous ont humiliés chez nous ». Adonis Kouadio a révélé que le Cnse avait fait une demande de 6400 billets pour le match, mais n’en avait reçu que 150. Il a déploré le fait que les tickets étaient vendus à la Fondation Félix Houphouët Boigny par des sénégalais, soulignant le manque de soutien financier pour son organisation. « Nous organisons la Can et je n’ai pas reçu un sou pour acheter des instruments ni pour habiller mes gars. », a déclaré le président du Cnse, exprimant sa frustration face à cette situation. Ces déclarations, cependant, semblent éveiller des interrogations sur la gestion de l’organisation des supporters des Éléphants par le patron du Cnse. D’ailleurs, certaines indiscrétions accuseraient de n’avoir pas acheté le matériel adéquat pour l’animation lors des matchs des Éléphants. Cela serait donc une fuite en avant que de décrier le manque de tickets pour les membres du Cnse. A la veille des quarts de finale Côte d’Ivoire-Mali à Bouaké, ville considérée comme la “2e ville malienne”, le manque de percussions et de mobilisation du Cnse devraient interpeler Adonis Kouadio. Les Éléphants ont vraiment besoin de ce 12e homme.
Pacôme Koffi