Face aux critiques suscitées par les opérations de démolition à Vridi 3 et Koumassi, Chérif Hamed Haïdara défend la politique de sécurisation des zones à risques et appelle à privilégier la protection des vies humaines.
Les récentes opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers précaires d’Abidjan continuent de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique. Début juin 2026, les autorités ivoiriennes, à travers le District autonome d’Abidjan, ont procédé à la démolition d’habitats anarchiques à Vridi 3, communément appelé « Zimbabwé » dans la commune de Port-Bouët, ainsi qu’au quartier Campement de Koumassi. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la politique « Zéro Mort », destinée à prévenir les drames liés aux inondations et aux éboulements pendant la saison des pluies.
Alors que ces opérations font l’objet de nombreuses critiques et accusations, le président du Rassemblement démocratique ivoirien (RDI), Chérif Hamed Haïdara, est monté au créneau pour défendre les autorités.
Lors d’un entretien accordé à la presse ce mardi 2 juin 2026 au siège de son parti à Abobo-Dokoui, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « faux procès » intenté au ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahim Bacongo.

Pour le leader du RDI, le débat doit être recentré sur l’essentiel : la sauvegarde des vies humaines. Selon lui, les critiques adressées aux autorités occultent la gravité de la situation provoquée par les fortes pluies qui ont déjà causé plusieurs pertes en vies humaines dans la capitale économique.
« Où est-elle, cette injustice qui émeut tant de personnes ? Et quelle aurait été leur réaction s’il s’était agi de déplorer davantage de morts ? », s’est-il interrogé, estimant que les circonstances imposent parfois des décisions difficiles mais indispensables.
Tout en présentant ses condoléances aux familles endeuillées et sa compassion aux personnes touchées par les intempéries, Chérif Hamed Haïdara a exhorté les populations vivant dans les zones à risque à privilégier leur sécurité. « Nous nous inclinons devant la mémoire de toutes les victimes des pluies à Abidjan ces derniers jours. Nous déplorons ces dégâts et exprimons notre solidarité aux blessés. Cependant, nous disons haut et fort qu’il est irresponsable d’exposer sa vie et celle de sa famille au prétexte que vos droits n’ont pas été respectés avant de vous déguerpir », a-t-il déclaré.
Le président du RDI a également insisté sur le fait que les revendications relatives aux indemnisations ou aux procédures administratives ne doivent pas faire oublier l’urgence de se mettre à l’abri du danger. « La sagesse implique de savoir qu’il faut vivre d’abord pour réclamer et jouir de ses droits », a-t-il soutenu.
Dénonçant une récupération politique autour de cette question sensible, Chérif Hamed Haïdara a salué la détermination du ministre-gouverneur Cissé Ibrahim Bacongo dans la lutte contre l’occupation anarchique des espaces urbains. Il estime que ces opérations participent à une politique globale de modernisation et d’assainissement des villes ivoiriennes.
Le président du RDI a par ailleurs rendu hommage au chef de l’État, Alassane Ouattara, pour les transformations engagées à travers le pays. « Un jour, les gens se souviendront de vous et, par ricochet, du Président Alassane Ouattara qui a mis le pays en chantier. Tout le monde est fier du nouveau visage de nos villes », a-t-il affirmé.
Dans la même dynamique, il a félicité Adama Bictogo pour les opérations de déguerpissement récemment conduites à Yopougon, estimant qu’elles contribuent à l’amélioration du cadre de vie des populations.
Toutefois, Chérif Hamed Haïdara a tenu à préciser que la position de son parti ne traduit pas un soutien systématique au pouvoir en place. Selon lui, le RDI demeure attaché à une appréciation objective de l’action publique. « Il ne s’agit pas pour nous d’apporter un soutien aveugle au RHDP. Mais nous estimons que lorsqu’une bonne action profitable à la nation est menée, il faut la saluer, peu importe qui en est l’initiateur », a-t-il conclu.
Pacôme Koffi