Le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a rendu son verdict, le mardi 21 octobre 2025, dans l’affaire des quarante personnes arrêtées lors de la manifestation interdite du 11 octobre dernier à Cocody. Les prévenus étaient poursuivis pour troubles à l’ordre public, attroupement sur la voie publique et participation à une manifestation non autorisée.
À la barre, les détenus ont chacun tenté de justifier leur présence dans les rues de Cocody, notamment autour du Blockhaus, de l’église Saint-Jean et du carrefour La Vie, où ils avaient été interpellés par les forces de l’ordre. Si les explications de huit d’entre eux ont convaincu les juges, qui ont prononcé leur relaxe, les 32 autres ont été reconnus coupables et condamnés à 36 mois de prison ferme, assortis de cinq ans de privation de droits civiques et de trois ans d’interdiction de paraître sur le territoire d’Abidjan.
Le tribunal a précisé que les condamnés disposent d’un délai de 20 jours pour interjeter appel s’ils souhaitent contester la décision. La salle d’audience, comble, a accueilli de nombreux proches des prévenus et des représentants d’organisations de défense des droits humains venus suivre les débats.
Les faits remontent au samedi 11 octobre 2025, jour où l’opposition ivoirienne, réunie au sein d’un front commun, avait appelé à une manifestation pour dénoncer l’exclusion de trois de ses principaux leaders — Laurent Gbagbo (PPA-CI), Tidjane Thiam (PDCI-RDA) et Pascal Affi N’Guessan (FPI) — de la course à la présidentielle d’octobre 2025. Malgré l’interdiction formelle émise par le Préfet d’Abidjan, plusieurs groupes de manifestants étaient descendus dans les rues, donnant lieu à de vives altercations avec les forces de l’ordre.
Cette nouvelle condamnation intervient quelques jours après un premier procès, tenu le 16 octobre 2025, au cours duquel une première vague de manifestants avait déjà écopé de la même peine pour des faits similaires.
Pendant ce temps, les cinq candidats retenus par le Conseil constitutionnel — Alassane Ouattara, Jean-Louis Billon, Simone Gbagbo, Henriette Lagou et Ahoua Don Mélo — poursuivent leur campagne à travers le pays, à moins de deux semaines du scrutin présidentiel.
P. Koffi