C’est désormais Officiel. Le Rassemblement Démocratique Ivoirien (Rdi) vient de naître. Son président n’est autre que Cherif Hamed Haïdara, le charismatique jeune leader qui tisse sa toile depuis la commune d’Abobo. Sur les objectifs de ce nouveau parti politique, sa vision pour la côte d’ivoire et l’actualité nationale, l’homme se prononce, sans faux-fuyant. Lisez plutôt !
– Vous avez toujours revendiqué le titre de ’’Fils d’Alassane Ouattara ’’. Mais vous n’êtes pas membre du Rhdp, son parti politique au sein duquel il a rassemblé ’’ ses enfants ’’. Et pis, vous créez un parti politique dénommé Rassemblement Démocratique Ivoirien (Rdi). Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
– Effectivement nous avons créé le Rassemblement Démocratique Ivoirien (Rdi). Je suis personnellement très proche du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) mais, je ne suis pas militant de ce parti, quoique je fus l’un des premiers partisans du président Alassane Ouattara. Depuis qu’il était premier ministre je l’ai découvert et j’ai aimé l’homme. Son charisme, son leadership et surtout sa rigueur. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt son engagement politique en faveur de son pays la côte d’ivoire et ça m’a inspiré.
– Et pourquoi n’adhérez-vous pas au Rhdp, pour être en harmonie avec le postulat de ’’fils’’ d’Alassane Ouattara ? Le RHDP ne vous assure-t-il pas ?
– Il faut dire que Son excellence Alassane Ouattara a fait des ouvertures. Malheureusement ces ouvertures ont été refermées, pas par sa volonté ! Depuis que son parti était le Rdr jusqu’à sa mutation en Rhdp, un cercle restreint d’individus a verrouillé les choses pour profiter seul des bienfaits de la lutte commune, au détriment des autres membres. Et quoique dans l’ensemble les résultats de sa politique à l’échelle nationale soient perceptibles, il y a ce handicap du groupuscule qui étouffe les intérêts des autres dans l’entourage du président. De sorte que lorsque l’on intègre le Rhdp il faut savoir qu’individuellement on ne pourra pas évoluer, puisque le parti est verrouillé par ces gens qui ne donnent pas la possibilité aux jeunes d’aller de l’avant.
– Et maintenant que votre parti a vu le jour, à quoi les ivoiriens doivent-ils s’attendre avec le Rdi ?
Le Rdi va se positionner clairement à travers une offre politique atypique au niveau national : le pro-Cote d’Ivoire. Je ne vous cacherai pas que nous avons la même vision que le président Alassane Ouattara et que nous voulons vraiment participer à faire avancer le pays sur le plan du développement et améliorer la qualité de la vie chez nous. Dans cette perspective nous allons travailler non pas à la remorque d’un quelconque parti, mais en partenariat avec les autres. Et notamment le Rhdp qui est le parti présidentiel et qui fait beaucoup en ce moment. Nous disons qu’ensemble nous pouvons mieux faire. Les filles et fils de la Côte d’Ivoire peuvent mieux faire s’ils s’entendent.
– De façon très précises, que proposez-vous aux ivoiriens ?
– Nous optons pour la vraie réconciliation entre les ivoiriens et la promotion de la paix durable. Des initiatives dans ce sens ont déjà vu le jour de la part du président Alassane Ouattara, mais elles ont été freinées dans l’évolution de la situation sur le terrain. Et nous estimons qu’on peut aller plus loin. Déjà pour la réconciliation, il faut comprendre que nous avons intérêt à ce que tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire soient réunis autour d’elle, pour travailler main dans la main à son développement. De ce fait, il faut que tous les nôtres qui sont en exil rentrent au bercail, pour mettre la main à la pâte. La Côte d’Ivoire appartient à tous ses fils. Si ces derniers se mettent ensemble, vous n’imaginez pas ce qui va se passer. De même, le retour de tous les bras valides et les capitaux nationaux à l’étranger. Pour quelque raison que ce soit. Nous entendons promouvoir la liberté d’expression pour favoriser la diversité d’opinions constructives. L’égalité, la justice, le travail dans la discipline et le partage des richesses motivent notre engagement. Aujourd’hui que certains ivoiriens, sur les réseaux sociaux, dénigrent leur propre pays depuis l’étranger, ou encore qu’ils ne veuillent plus y retourner après leur formation, cela trahit le défaut de promotion du civisme et de l’amour de la patrie. Nous pensons réussir à changer la donne. Le Rassemblement Démocratique Ivoirien veut dire en termes plus simples ’’tous les enfants de la Côte d’Ivoire à l’intérieur de la côte d’ivoire pour travailler pour le développement et le rayonnement de la Côte d’Ivoire ’’. Et ce avec la liberté à chaque Ivoirien de se prononcer sur la vie de son pays. N’est-ce pas cela la démocratie ?
– Au niveau de la commune d’Abobo où vous vous étiez désisté pendant l’élection municipale en faveur de madame Kandia Camara, comment les gens réagissent-ils à la naissance du Rdi?
– Il est indiscutable que la population avaient pris un coup du fait de mon désistement. Mais nous avons trouvé les mots justes pour expliquer notre posture et la suite des événements nous a plutôt donné raison. Puisque notre candidate a été élue et, mieux, elle connaît d’autres promotions aujourd’hui qui lui permettent d’avoir une plus forte audience pour mobiliser des ressources en faveur de la commune d’Abobo. Sur le terrain néanmoins, nous continuons de travailler avec la population. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour rendre effectives nos promesses aux populations. Nous sommes en contact permanent avec les jeunes et les femmes pour les consulter ou les mobiliser dans le sens de la vision que nous partageons, et les choses avancent plutôt bien. Le développement personnel des individus dans la population nous préoccupe. Il doit être pris en compte dans tout projet de société, en sorte que l’émergence de la nation soit harmonieuse, comme dirait-on ’’ un esprit sain dans un corps sain’’. Et nous travaillons à cela, à la base, par l’encadrement des populations à ce changement de mentalité. Nos relations sont trop profondes pour se limiter à une élection. Aujourd’hui avec l’aide de Dieu, cette relation que nous avons expérimentée à Abobo, nous sommes en train de l’étendre à tout le pays. Nous sommes en pleine implantation des bases du Rdi dans les régions du pays.
– L’actualité est marquée aujourd’hui par les récentes sorties de Monsieur Soro Guillaume qui a annoncé la fin de son exil et son retour imminent en Côte d’Ivoire. Comment jugez-vous ces sorties ?
– Nous disons au Rdi que le linge sale se lave en famille. Nous prônons la fraternité, la cohésion et l’unité nationales. Je demanderais par conséquent à mon ’’frère ’’ Soro Guillaume de prendre tout son courage et sa sagesse pour demander pardon au président Alassane Ouattara. Un fils n’a jamais eu raison de son père. Qu’il pense à ceux qui sont aujourd’hui dans des situations difficiles ou emprisonnés pour sa cause. Juste le mot ’’ Pardon ’’ et de manière sincère, également à la nation ivoirienne et cela va apaiser les choses pour la liberté des uns, des autres et pour lui-même. Cela va faciliter son retour. Beaucoup ont cru en lui. Et depuis, il n’est plus là. Le fait d’être parti même était déjà une déception aussi pour certains ! Et pourtant le président Ouattara est un homme au grand cœur qui n’oublie jamais les bienfaits des personnes qui croisent son chemin. Encore moins ce que Soro a fait pour lui. D’autres ont expérimenté cette générosité en revenant se racheter auprès d’Alassane Ouattara, quand ils ont reconnu leurs erreurs. Il leur a pardonné et tout le monde a vu la suite. Ce ne sont pas la belligérance, la défiance et les invectives qui aideront à régler la situation. Bien au contraire ! Il y a souvent des mauvais grains qui rentrent entre deux personnes, en l’espèce, entre un père et un fils, pour exacerber leurs relations. Le fils doit faire preuve de sagesse et d’humilité pour faire la paix avec son père. C’est pour nous la meilleure posture à prendre, dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Et si Soro le fait, à son arrivée, avec l’autorisation du père, c’est tout le monde ira l’accueillir. Nous pensons que c’est possible. Et nous nous proposons à être médiateur entre Soro et son ’’père ’’, le chef de l’état Alassane Ouattara.
2025 approche. Le Rdi a-t-il l’ambition de participer à l’élection présidentielle ?
– Absolument ! Notre objectif est de présenter un candidat à l’élection présidentielle prochaine. Puisque, comme tout parti politique sérieux, nous voulons aussi gouverner. Mais nous sommes face à une situation délicate qui doive guider les acteurs politiques de tout bord. De par son leadership, Alassane Ouattara a garanti la stabilité et amorcé l’émergence de notre pays. La barre est placée très haute et cela est indiscutable. Nous rêvons tous de développer la côte d’ivoire et l’un des nôtres est parvenu à mettre tout le pays en chantier, en l’espace d’une décennie. Nous estimons que c’est une chance à conserver qu’il ait encore la force de travailler. Il faut donc trouver une alternative au cycle pernicieux du débat électoral qui nous fait pleurer des morts à chaque échéance. Feu le président Bédié a gouverné. Le président Laurent Gbagbo aussi. Et en ce moment c’est le président Alassane Ouattara. On peut dire que ces trois dignes fils de notre pays ont marqué leur temps, puisqu’ils cristallisent la vie politique dans cette première génération après le président Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne. En raison de leur âge avancé, je pense qu’un passage de flambeau générationnel va s’opérer. Mais de quelle manière ? Si l’on peut s’accorder que dans chacun de leurs partis politiques respectifs il y aura forcément la question brûlante de la succession qui va se poser, à plus forte raison au niveau national combien cette succession risque d’être délicate ! Nous pensons, au Rdi, pour la stabilité de la patrie, que la classe politique Ivoirienne doit trouver en elle-même des moyens et stratégies pour noyer l’hécatombe qui se profile à l’horizon. Nous n’avons pas forcément besoin d’être légalistes au point de foncer tout droit dans le mur. La guerre de succession sera houleuse. Le passage de flambeau aussi. Nous proposons donc, pour aborder ce virage, qu’Alassane Ouattara se succède à lui-même pour un dernier mandat à la suite de l’élection présidentielle de 2025. Et qu’avec son frère Laurent Gbagbo, le successeur du président Henri Konan Bédié et les autres formations politiques de l’opposition puis de la société civile, l’on crée un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement-là aura la tâche d’organiser le basculement vers une autre ère, avec une nouvelle vision pour notre pays. Ce sera un préalable que nous allons poser. Ensemble, sous la conduite d’Alassane Ouattara dont le leadership est indiscutable, et dans un environnement stable, nous envisagerons ensemble l’avenir. C’est pourquoi nous interpellons tous les grands partis significatifs, notamment nos frères du Ppa-ci et du Pdci-Rda, et les invitons à se joindre à nous. Il s’’agit de l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Propos recueillis par Orso Kanon (Avec Afrik24.info)