Ce lundi 22 avril 2024, l’hôtel Movenpick du Plateau Abidjan a été le théâtre du premier Café-Débat organisé par la plateforme numérique NewScoop en collaboration avec la société civile l’Africanisme. L’invité d’honneur, Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique, a animé une conférence portant sur le thème : « Du 11 avril 2011 à la présidentielle 2025 : Comment sauvegarder la démocratie et éviter une autre crise post-électorale en Côte d’Ivoire ? » Devant les hommes de médias, le ministre Touré a abordé plusieurs aspects cruciaux de la vie politique ivoirienne. Il a souligné le devoir de redevabilité des hommes politiques envers les populations, affirmant que la consolidation de la démocratie exige que le débat public soit au cœur de leurs actions. Pour lui, cette tribune offre l’opportunité à différents acteurs de partager leurs opinions sur les enjeux actuels et futurs du pays. Le ministre de la Jeunesse a insisté sur le caractère distinct de l’élection présidentielle de 2025 par rapport à ses prédécesseurs, soulignant qu’elle devrait être un moment de consolidation de la démocratie et de paix pour la Côte d’Ivoire. Il a rendu hommage au leadership et à la vision du président Alassane Ouattara, qui ont permis de rétablir le pays sur la voie du développement et de la réconciliation après la crise de 2011. L’appel à la maturité politique de l’opposition a été lancé, avec l’espoir d’élections apaisées en 2025. Sur la question du retour de l’ex président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, le ministre Mamadou Touré a souligné le principe de liberté, tout en rappelant la primauté du respect envers le président Ouattara. « Il n’y a pas de problèmes, je ne comprends pas pourquoi les gens veulent forcément créer un départ autour. On veut faire de moi un opposant à Guillaume Soro, je ne vois pas dans mes propos ce qui est injurieux. Il a eu un moment de divergences de principes et pour nous la ligne rouge c’est Alassane Ouattara. Jamais je n’accepterai qu’on traite Alassane Ouattara comme il a été traité. Et si ça doit emporter ma carrière politique, ça va l’emporter. C’est une question de principe », a-t-il décrié. Pour lui, l’attitude des partisans de Guillaume Soro laisse des interrogations. « En réalité, les premiers ennemis de Guillaume Soro c’est ceux qui l’entourent », a-t-il affirmé. La perspective de la candidature présidentielle a également été abordée, avec une réaffirmation du soutien envers le président Alassane Ouattara, dont le bilan, selon lui, parle en sa faveur. Il a également critiqué les appels au rajeunissement de la classe politique, soulignant que la vision et le projet pour le pays devraient être les critères primordiaux, et non l’âge.

Concernant les questions économiques, le Ministre Touré a éludé la question de l’endettement du pays, préférant mettre en avant les évaluations favorables des institutions internationales telles que la Banque mondiale et l’Agence française de développement (Afd). « Koné Katina est certes un cadre de valeur, mais n’en est pas plus que la Banque mondiale et l’Agence française de développement. Différentes institutions internationales qui pour moi sont des arbitres, disent sur les questions de dette que la Côte d’Ivoire a un risque d’endettement modéré. Les perspectives sont bonnes jusqu’en 2030 », a-t-il expliqué. « Il n’est pas audible auprès des ivoiriens. On a la Côte d’Ivoire de Koné Katina qui est une Côte d’Ivoire apocalyptique où tout va mal et il y a une Côte d’Ivoire qui se développe », a-t-il expliqué. Sur le découpage électoral, il a réfuté toute accusation de manipulation politique, rappelant que la majorité des communes existantes ont été créées sous des gouvernements antérieurs. « Depuis l’avènement du président Alassane Ouattara à la tête du pays, il n’a créé que quatre communes notamment celle du Gbélégban, d’Attiégouakro, N’douci et d’Assinie. Toutes les autres communes qui existent ont été créées par nos prédécesseurs donc on ne peut pas accuser d’avoir fait un découpage électoral qui va dans l’intérêt du Rhdp », a-t-il fustigé. Enfin, pour garantir des élections apaisées en 2025, M. Touré a plaidé pour plus de formation, de sensibilisation et d’interpellation des acteurs politiques. Ce Café-Débat marque ainsi le début d’une plate-forme de dialogue essentiel pour l’avenir démocratique de la Côte d’Ivoire.
Pacôme Koffi