Interview/ Sully Cally : « La Côte d’Ivoire est devenue un pôle très attractif. »

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Chanteur, comédien, danseur, écrivain, fabricant d’instruments, musicien et producteur. Bref, artiste multi-dimensionnel, Sully Cally est originaire du Gros Mome en Martinique. De passage en Côte d’Ivoire pour participer à un festival dans le Bafing et la fête des ignames dans l’Est de la Côte d’Ivoire, il s’est confié à nous pour parler de ses expériences artistiques.

Quelle est la raison de votre présence en Côte d’Ivoire ?

Je me retrouve encore une fois en Côte d’Ivoire parce que je suis invité d’honneur des organisateurs d’une manifestation dans le Bafing et aussi de la Fête de l’igname dans l’est de la Côte d’Ivoire.

Votre renommée dans le monde culturel a dépassé les frontières des Antilles. Quel est votre parcours et dans quel domaine évoluez-vous ?

De prime abord laissez-moi vous dire que je suis citoyen d’honneur de Cocody, puisque le maire de cette commune, Jean-Marc Yacé est un ami de longue date.Nous avons fait ensemble les arts martiaux à Paris. Je ne savais pas qu’il était maire. J’ai beaucoup d’amis dans le monde grâce à mes activités. Par exemple, quand je suis arrivé à Montréal, je me suis rendu compte que le ministre de la Culture est un ami du Théâtre noir de Paris. Tous ces gens, je les avais perdus de vue. Parlant de mon parcours, il n’est pas extraordinaire. Je suis devenu malgré moi acteur de cinéma et j’ai joué dans deux films avec Belmondo. J’ai tourné avec Daniel Duval, etc. J’ai fait avec eux des longs métrages en tant qu’acteur. J’ai par ailleurs fait l’Aid, une école de musique à Châtelet à Paris. C’est dans cet établissement que j’ai connu Michel un ami qui vit ici. Je suis devenu par la suite malgré moi écrivain et j’ai écrit plusieurs livres sur l’histoire de la musique. Je donne aussi des conférences partout dans le monde, même au Japon. J’ai aussi produit des musiciens dans ce pays oriental. Je suis par ailleurs producteur de musique.

Parlant de musique, sur quel instrument travaillez-vous le plus ?

Il y a ce qu’on appelle à la Martinique le Tambour Bèlè. C’est un instrument de base de la musique traditionnelle . Je suis fabricant d’instruments. J’ai plusieurs ateliers en Martinique et je suis devenu forestier pour pouvoir prendre le bois en forêt pour le travailler. Je suis connu pour ce tambour et je fais de multiples ateliers autour de la tradition et de la culture du pays. C’est pourquoi je suis de temps en temps invité dans des pays. Cependant avec la pandémie qui sévit, j’ai été un peu désarçonné. Je ne suis pas le seul d’ailleurs puisque çà a changé la société. Il faut donc redémarrer et revivre, se remettre à faire vivre ses activités.

Quels ont été vos doux souvenirs lors de vos précédents voyages en Côte d’Ivoire ?

J’ai joué avec certains musiciens locaux lors de ma deuxième venue en Côte d’Ivoire. J’ai animé un master class à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Il y avait des étudiants qui étaient curieux de savoir ce que je leur présenterais. J’étais avec mon tambour traditionnel de la Martinique. Nous avons échangé et c’était fantastique. J’ai joué aussi dans des restaurants et des espaces. Bref, on a fait avec  les Ivoiriens la fête autour du tambour, grâce à un certain mélange de percussions, notamment le Djimbé de l’Afrique de l’Ouest avec le tambour Bèlè de la Martinique. Je vous le dis, çà s’est bien passécomme s’il n’existait aucun mystère.

Que vous ont procuré ces échanges culturels ? Vous ont-ils donné des idées pour accroître vos connaissances ou celles de vos étudiants ?

C’est plus fort que çà. En tant que producteur et homme de culture, j’ai en prévision d’enregistrer de la musique populaire avec des Ivoiriens. La base est certes la percussion, mais nous allons harmonier tout cela pour faire danser le peuple. Il faut savoir que la musique du groupe Kassav par exemple, toutes les musiques que nous avons aux Grandes Antilles, en l’occurrence Cuba, la Jamaïque etc. est faite à partir d’une base africaine. Aux Petites Antilles, notamment la Martinique, la Guadeloupe, Dominique, Sainte Lucie, Trinidadet autres, sont des pays qui font danser le monde avec le calypso, le zouk, le reggae, la salsa. Et ce sont nous les Antillais qui le faisons.

Vous repartez pour votre pays avec quel souvenir de la Côte d’Ivoire ?

Nous allons partir pour rebondir et revenir très bientôt. Puisque je commence à prendre mes habitudes ici. J’aime bien ici, puisque je connais plein de gens. J’ai par exemple des compatriotes qui ont séjourné en Côte d’Ivoire et qui comptent y installer une base de leurs activités, notamment dans le domaine des affaires. Le pays est devenu un pôle très attractif. De plus en plus d’Antillais veulent venir s’y installer pour faire des affaires.

Propos recueillis par Clément Koffi

 

 

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