L’artiste ivoirien Soumahoro Moriféré, plus connu sous le nom de Molare, a été placé sous mandat de dépôt le jeudi 17 juillet 2025. L’information a été rendue publique par la plateforme Police secours via un post sur Méta. Figure de proue du Coupé-décalé, il séjourne désormais au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA), ex-Maca. Cette incarcération fait suite à un accident tragique survenu le mercredi 2 juillet à Angré, dans la commune de Cocody. L’artiste, au guidon d’un auto-cycle, aurait perdu le contrôle de son engin avant de percuter violemment Élise Tolah, une jeune femme qui marchait sur le trottoir. Grièvement blessée, elle est décédée le lendemain à l’hôpital. Molare, sérieusement touché, avait été hospitalisé, souffrant de multiples fractures. L’affaire a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux, où la polémique n’a cessé d’enfler. De nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer ce qu’elles considéraient comme une lenteur injustifiée dans la procédure judiciaire. D’aucuns redoutaient un traitement de faveur en raison du statut de célébrité de Molare. À l’inverse, des partisans de l’artiste avaient plaidé pour la compassion, évoquant un accident tragique sans intention malveillante. Le Code pénal ivoirien, dans son article 353, prévoit des sanctions allant de trois mois à trois ans d’emprisonnement, assorties d’une amende de 100 000 à 1 000 000 FCFA, en cas d’homicide involontaire causé par négligence ou imprudence. C’est sous ce fondement juridique que Molare est poursuivi. Parallèlement à la procédure judiciaire, une tentative de conciliation avait été engagée entre les représentants de l’artiste et la famille de la défunte. Une réunion organisée le samedi 12 juillet, en présence de chefs traditionnels et des proches d’Élise Tolah, aurait permis d’amorcer un dialogue sur les modalités des obsèques et la reconnaissance des responsabilités. Bien que des accords préliminaires aient été évoqués, ceux-ci n’ont manifestement pas écarté l’action publique. L’arrestation de Molare marque une étape décisive dans cette affaire qui continue de mobiliser l’opinion. Elle rappelle, au-delà de l’émotion, la nécessité de faire respecter la loi dans toute sa rigueur, quel que soit le statut social des personnes impliquées.
Pacôme Koffi