Depuis que le Benin a réussi grâce à un combat mené de longues dates à obtenir la restitution de ses objets d’arts dérobés en tant que trophées de guerre par des colonisateurs, d’autres pays africains lui emboitent le pas. Après la France, l’Allemagne s’inscrit dans la logique de retour des œuvres à leurs propriétaires. De passage à Abidjan, Pr Bénédicte Savoy, a animé une conférence de presse le 04 novembre 2022 au Goethe institut d’Abidjan à Cocody, portant le thème : « Sur l’état de la restitution des biens culturels africains en provenance d’Allemagne ».
Cette spécialiste des objets de musées a parcouru restitue la vérité sur ce qui a été dérobé par les colonisateurs pour se retrouver en Occident par la faute d’un pillage en règle. Entreposés dans de nombreux musées à travers le monde, ces objets divers sont sujets à encouragement de nombreuses personnes, afin qu’ils soient rendus à leurs propriétaires. L’Allemagne qui n’est pas en reste du projet de restitution est à la recherche de réparation de ces fautes commises au détriment du riche patrimoine africain. Pour mieux faire appréhender le sujet, Bénédicte a débuté sa conférence par une projection de bouts de films revendicatifs, notamment le Zodiac chinois avec Jackie Chan, Promakhos et Black panthers. Ces extraits présentent l’opinion d’acteurs et de réalisateurs qui veulent en découdre par le 7ème art avec les dépouilleurs de civilisations La conférencière qui souhaite que justice soit rendue aux pays africains, a cité des personnages politiques qui ont manifesté l’ardent désir de voir ces objets d’arts retournés vers leur patrie d’origine. Pour cette dame « Les bénéficiaires collatéraux de la colonisation », que sont les musées doivent s’ouvrir à une nouvelle manière de voir. Que ce soit Berlin, Paris, Londres, etc, retourner ces objets volés, serait restitué un pan de leur histoire à leurs propriétaires. Car, dit-elle, « les objets ont plusieurs rôles dans les sociétés. En Afrique, ils servent généralement de passage de dynastie. Prendre ces objets, c’est prendre le pouvoir de leurs propriétaires. Prendre les objets religieux, c’est prendre la religion de son ou ses propriétaires ». A travers ses propos, Géneviève Savoy admet que chaque objet représente une grande valeur pour son peuple. « Un filet de pêche est le savoir mathématique de son concepteur », ajoute-t-elle. Cependant, rendre ces objets ne semble pas une mince affaire. Le Bénin qui est le premier au Sud du Sahara à avoir bénéficié de cette grâce, en a fait la demande il y a fort longtemps. C’est pourquoi à l’arrivée de quelques-uns de ses masques, une mobilisation jamais vue a été faite de l’aéroport à la destination voulue par les autorités pour loger ces objets. L’Allemagne qui veut se mettre dans le lot des pays aux bons offices risque d’avoir du pain sur la planche. En effet, ce pays a mis les pieds la première fois en Afrique en 1883 par l’actuelle Namibie, ensuite le Cameroun et le Togo. En 1884, ces missionnaires sont arrivés au Tanganyika, une partie de la Tanzanie. Ils se sont installés en dernier lieu au Ruanda-Urundi, les actuels Rwanda et Burundi, avant de quitter l’Afrique. Les historiens allemands pourront-ils retrouver facilement les pistes devant les conduire à remettre les objets emportés par leurs missionnaires au 19ème siècle. Une mission qui s’avère très difficile à réaliser. En Côte d’Ivoire, un pas vient d’être franchi par le gouvernement qui fait mains et pieds, afin que le tambour ébrié lui soit rendu par la France.
Clément Koffi