Dans un contexte de déforestation avancée et face à l’urgence climatique mondiale, la Côte d’Ivoire renforce sa diplomatie environnementale. Du 8 au 11 juillet 2025, le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, a conduit une mission officielle au Brésil, avec pour objectif d’explorer les leviers de l’expertise brésilienne en matière d’agroforesterie et de gestion durable des forêts.
Cette mission s’inscrit dans la stratégie nationale de restauration forestière adoptée par la Côte d’Ivoire, qui vise à reconstituer 20 % de son couvert forestier à l’horizon 2030, contre moins de 3 millions d’hectares aujourd’hui, contre plus de 16 millions dans les années 1960.
« Le Brésil est en avance dans ce domaine. C’est une opportunité pour la Côte d’Ivoire de tirer profit de son expérience afin de réussir la mise en œuvre de notre politique forestière », a déclaré Laurent Tchagba.
Des échanges de haut niveau pour des engagements concrets
Durant cette mission, le ministre ivoirien et sa délégation, composée notamment de M. Coulibaly Lacina, Directeur général de PALMCI, ont rencontré des acteurs majeurs du secteur forestier brésilien : la ministre de l’Environnement Marina Silva, le président de l’IBAMA, M. Rodrigo Agostinho, et le directeur général des services forestiers, M. Vinicius Alves.
Le ministre Tchagba a présenté les cinq piliers de la stratégie ivoirienne :
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le développement de l’agroforesterie,
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la durabilité agricole,
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les concessions forestières durables,
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le renforcement des capacités locales,
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et l’accès aux financements climatiques innovants.
La ministre Marina Silva s’est montrée favorable à une coopération structurée, annonçant l’ouverture de discussions techniques bilatérales et un transfert d’expertise sur mesure, tenant compte des réalités ivoiriennes.
Un modèle brésilien porteur d’opportunités
Avec un climat tropical similaire et une forte tradition en matière de reboisement et d’agriculture durable, le Brésil constitue un modèle inspirant pour la Côte d’Ivoire. Cette mission a permis de poser les jalons de partenariats techniques avec des institutions de référence comme l’EMBRAPA, la BNDES (Banque nationale de développement économique et social), et la Fondation Rioterra, active dans la reforestation de l’Amazonie.
Les discussions ont porté sur plusieurs axes de coopération :
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la formation aux pratiques agroforestières,
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l’adaptation du modèle brésilien de concessions forestières,
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la mobilisation de financements verts,
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et le développement du crédit carbone et de la certification environnementale.
La BNDES a exprimé son intérêt pour le financement de projets structurants en Côte d’Ivoire, en phase avec les exigences de durabilité et de justice environnementale.
Une dynamique à pérenniser
Afin d’assurer le suivi opérationnel de cette mission, le ministre Tchagba a désigné l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Brésil, S.E.M. Diamouténé Alassane Zié, comme point focal institutionnel. Celui-ci a réaffirmé sa volonté de poursuivre les efforts de coordination diplomatique et technique, soulignant l’importance d’un dialogue bilatéral régulier.
« Nous avons réalisé une mission de grande qualité. Les résultats sont très satisfaisants. Grâce à l’appui de notre ambassadeur, nous avons pu établir des cadres de coopération prometteurs », a conclu le ministre.
Une diplomatie verte pour les générations futures
Cette mission marque un tournant stratégique pour la Côte d’Ivoire dans sa lutte contre la déforestation. Elle illustre le rôle clé que peut jouer la coopération Sud-Sud pour bâtir une transition écologique juste, durable et adaptée aux réalités du continent africain.
À travers ce partenariat avec le Brésil, la Côte d’Ivoire ambitionne non seulement de reverdir son territoire, mais aussi de renforcer sa résilience climatique et de créer des opportunités économiques durables pour les communautés locales.
En somme, la mission brésilienne du ministre Laurent Tchagba inaugure une nouvelle ère de diplomatie verte, tournée vers l’action, la solidarité climatique et l’espoir d’un avenir forestier à reconstruire.
P.K.