Lors de la première édition du Salon international de la filière anacarde (Sifia), tenue à Abidjan, Beh Soro, président de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière anacarde (Oia Anacarde), a lancé un appel fort en direction des investisseurs nationaux et internationaux. Pour lui, l’anacarde ivoirien dépasse le simple cadre d’une spéculation agricole pour incarner une véritable opportunité de transformation économique et sociale durable.
<< La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de noix de cajou avec une production avoisinant 1 million de tonnes en 2024, et plus de 1,4 million de tonnes enregistrées pour la campagne en cours >>, a rappelé Beh Soro, soulignant ainsi la position stratégique du pays sur la scène mondiale.
Cependant, malgré cette performance impressionnante, plusieurs défis majeurs freinent encore l’émergence complète de la filière. Parmi eux : une transformation locale encore peu compétitive, des plantations à faible rendement, une sous-valorisation chronique de plus de 10 millions de tonnes de pommes de cajou, un marché africain peu structuré pour les produits dérivés, et un manque criant de financements adaptés.
Face à ces contraintes, le président de l’Oia Anacarde a présenté une vision ambitieuse : faire de l’anacarde un véritable pilier du développement économique et social de la Côte d’Ivoire. Il a ainsi décliné trois axes stratégiques :
- L’amélioration de la productivité et de la qualité des noix brutes,
- La promotion de la consommation locale des produits dérivés,
- La professionnalisation de la filière via la formation, la recherche et l’innovation.
Pour Beh Soro, le Sifia est bien plus qu’un simple salon professionnel. Il constitue une plateforme de dialogue, de partenariat et d’innovation. Il a profité de cette tribune pour inviter les investisseurs à s’engager à tous les niveaux de la chaîne de valeur : production, commercialisation, transformation des noix brutes, des pommes et des produits dérivés.
<< Le potentiel est immense, le marché est porteur et l’environnement économique ivoirien est favorable aux investissements >>, a-t-il soutenu avec conviction, avant de conclure : << La filière anacarde en Côte d’Ivoire représente une opportunité économique, sociale et environnementale pour toute l’Afrique >>.
Le Sifia 2025 s’impose ainsi comme un tournant stratégique pour dynamiser un secteur clé de l’agriculture ivoirienne, avec pour ambition de faire de l’anacarde un levier de prospérité partagée.
Pacôme Koffi