Le Sénat de Côte d’Ivoire s’est réuni le 30 avril 2026 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, à Yamoussoukro, où sa Commission des affaires économiques et financières (Caef) a adopté d’importants projets de loi visant à transformer durablement le secteur agricole national.
Sous la présidence de Cissé Mamadou, les sénateurs ont examiné et validé à l’unanimité trois textes portés par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné. Pris initialement par ordonnances du Président Alassane Ouattara, ces projets de loi nécessitaient une ratification parlementaire, conformément à la Constitution, pour acquérir pleine valeur législative.

Le premier texte porte sur la mise en place du Système d’information du foncier rural de Côte d’Ivoire (Sifor-CI), un outil stratégique destiné à sécuriser les droits fonciers des producteurs. Ce dispositif, qui couvrira 16 régions frontalières, ambitionne de mettre fin aux litiges récurrents liés à la terre, en offrant une reconnaissance officielle des droits des exploitants. « Ces droits pourront servir de garanties pour accéder au financement ou être transmis plus aisément », a expliqué le ministre.
Les deux autres projets traduisent la volonté de l’État d’élargir la régulation à des filières à fort potentiel. Ainsi, le cadre appliqué aux filières hévéa et palmier à huile est désormais étendu au coco, afin de structurer davantage sa production et d’en faire un véritable levier industriel.
Le troisième texte concerne la filière karité, principalement exploitée dans le nord du pays. Longtemps informelle, elle bénéficiera désormais des mécanismes encadrant les filières coton et anacarde, avec pour objectif d’améliorer la chaîne de valeur, de créer des emplois et de générer davantage de revenus pour les populations locales.
Saluant l’adhésion des sénateurs, Bruno Koné a insisté sur l’impact concret de ces réformes, qui s’inscrivent dans la dynamique de modernisation de l’économie ivoirienne, où l’agriculture demeure un pilier stratégique.
P.K.