À l’occasion du Forum Intech Santé 2026, l’Agence Nationale du Service Universel des Télécommunications (ANSUT) a présenté les actions engagées par l’État pour accélérer l’inclusion numérique et améliorer l’accès aux services de santé dans les zones rurales. Le vendredi 19 juin, au Parc des Expositions, Honoré Aka, Directeur du Développement des Infrastructures et du Réseau National Haut Débit (RNHD), a pris part à un panel consacré au thème : « Réduire la fracture numérique en santé : défis et solutions pour les zones rurales ».
Devant les participants, il a dressé un constat sans complaisance de la situation dans plusieurs localités éloignées. Le manque d’infrastructures numériques, l’insuffisance de l’accès à l’énergie ainsi que la faible appropriation des outils digitaux par les populations demeurent les principaux obstacles à une véritable transformation numérique.
Pour répondre à ces défis, l’État ivoirien a lancé en 2025 un programme d’urgence de connectivité rurale. Cette initiative a permis à 500 villages de bénéficier d’infrastructures numériques et d’un accès à Internet. Selon Honoré Aka, 300 nouvelles localités devraient être raccordées au cours de l’année 2026.
Si la couverture réseau atteint désormais 95 % du territoire national, certaines zones restent encore difficiles d’accès. Dans ce contexte, le responsable de l’ANSUT a recommandé le développement de solutions capables de fonctionner hors connexion afin d’assurer la continuité des services numériques.
Il a également rappelé les avancées enregistrées grâce au RNHD, qui couvre aujourd’hui 6 632 kilomètres de fibre optique à travers le pays. Toutefois, la connectivité par satellite apparaît désormais comme une solution complémentaire pour étendre l’accès au haut débit dans les zones les plus enclavées.
Abordant la question de la durabilité des infrastructures, Honoré Aka a plaidé pour une vision globale intégrant les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’administration. Selon lui, la mutualisation des investissements constitue une réponse efficace aux coûts élevés du déploiement numérique.
L’énergie demeure également un enjeu majeur. Dans les localités non électrifiées, l’énergie solaire se positionne comme une alternative crédible pour alimenter les équipements numériques. Les échanges ont par ailleurs mis en avant l’importance de l’identité numérique, appelée à faciliter l’accès des citoyens aux services administratifs et sanitaires.
Enfin, le Directeur du Développement des Infrastructures a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences numériques des populations. Dans cette optique, l’ANSUT a déjà ouvert neuf Centres d’Innovation et de Culture Numérique (CICN) dans plusieurs établissements scolaires du pays. Vingt nouveaux centres sont prévus en 2026 afin de favoriser l’apprentissage du numérique dès le plus jeune âge.
À travers ces différentes initiatives, la Côte d’Ivoire entend consolider son écosystème numérique et renforcer sa capacité à répondre aux défis d’un monde en pleine transformation digitale.
P.K.