L’épisode tumultueux de la fermeture de l’ancienne casse d’Abobo-Anador a pris fin ce mercredi 21 août 2024, mettant un point final à une situation qui perdurait depuis des années. La démolition des derniers vestiges de cette zone autrefois occupée par les ferrailleurs a été menée sous haute surveillance des forces de l’ordre, marquant ainsi la conclusion définitive d’une opération entamée il y a plus de deux ans.
“La casse d’Abobo-Anador est définitivement fermée”, a déclaré Siaka Koné, 2ème adjoint au maire d’Abobo, lors d’une conférence de presse tenue le lundi 19 août 2024. Il a rappelé que cette décision faisait suite à un arrêté municipal datant de janvier 2022, qui avait déjà statué sur la fermeture du site. Cependant, par “magnanimité et humanisme”, les autorités locales avaient permis aux occupants de rester sur les lieux jusqu’à présent. Cette indulgence a néanmoins pris fin après les affrontements violents du mardi 13 août 2024, où une dizaine d’agents municipaux avaient été agressés lors du premier déguerpissement.
Les forces de défense et de sécurité ont été mobilisées dès l’aube ce mercredi pour accompagner les équipes de la mairie dans la démolition des boutiques et magasins des ferrailleurs encore en place. De 5h du matin jusqu’au soir, les engins de démolition ont méthodiquement détruit les installations, du rond-point du Banco à coco-service, en passant par le collège Nanti. Cette opération, destinée à fermer définitivement la casse, s’est déroulée sous haute surveillance policière pour garantir l’ordre public et prévenir tout débordement.
Bêh Diabaté, 8ème adjoint au maire, a insisté sur le caractère légal de cette opération. “Nous sommes venus concrétiser la fermeture de la casse”, a-t-il déclaré, rappelant que l’arrêté municipal interdisant les activités de ferrailleurs et de garages dans le périmètre d’Abobo-Anador date de 2002. Selon lui, les autorités locales ont donné un délai supplémentaire de 72 heures aux occupants pour retirer leurs biens avant la fermeture définitive.
Malgré une opération globalement calme, quelques incidents ont été signalés. Des occupants récalcitrants se sont affrontés physiquement, obligeant les agents de sécurité à intervenir. Par ailleurs, au niveau du groupe scolaire Nanti, des manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Ces dernières ont réagi rapidement pour disperser la foule tout en tentant de limiter les dommages.
En raison des opérations en cours, la voie reliant le rond-point « Banco » au carrefour « Mouton » a été temporairement fermée dans les deux sens dès 7h du matin, provoquant quelques désagréments pour les usagers de la route.
Ainsi, après des années de tolérance, la fermeture de la casse d’Abobo-Anador est désormais un fait accompli, marquant la fin d’un chapitre controversé de l’histoire de ce quartier populaire.
Pacôme Koffi