Abidjan, 27 mai 2025 – À cinq mois de la présidentielle ivoirienne, la Fondation Internationale pour l’Observation et la Surveillance des Droits de l’Homme et de la Vie Pacifique (FIDHOP) et la Plateforme pour l’Engagement Citoyen de Côte d’Ivoire (PEC-CI) ont tenu une conférence de presse conjointe le mardi 27 mai dernier au siège de la PEC-CI, à Cocody-Abatta. Objectif : alerter l’opinion nationale et internationale sur les risques de tensions préélectorales et interpeller les organisations internationales sur leur rôle dans la préservation de la paix.
S’appuyant sur le précédent de l’élection présidentielle de 2010 et sur l’implication décisive de la communauté internationale notamment de l’ONU et de l’Union Européenne dans la sortie de crise ivoirienne, la FIDHOP et la PEC-CI justifient leur saisine de l’ONU et de l’Union Africaine. Selon les deux structures, les conditions actuelles font planer « de graves menaces sur la paix » en Côte d’Ivoire.
En cause : la radiation de plusieurs figures majeures de l’opposition, notamment Laurent Gbagbo, Charles Blé-Goudé, Guillaume Soro et récemment Cheick Tidjane Thiam, de la liste électorale provisoire, « une décision jugée politique et non juridique. »
« Il vaut mieux agir maintenant pour prévenir, plutôt que de prétendre guérir demain », ont martelé les organisateurs.
La FIDHOP et la PEC-CI ont également dénoncé l’éventualité d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Rappelant les engagements pris en 2016 et 2020 notamment le renoncement déclaré par le président devant le Congrès, les organisations ont qualifié sa candidature en 2020 d’« entorse à la démocratie », malgré la justification évoquée de « cas de force majeure ».
Elles exhortent le chef de l’État à ne pas se représenter en 2025 afin de préserver la cohésion sociale et la stabilité politique du pays.
Autre point de friction, la Commission Électorale Indépendante (CEI), accusée de manquements graves à ses obligations légales. « La révision annuelle de la liste électorale, prévue par l’article 6 du Code électoral, n’a toujours pas été engagée pour 2025. »
Les deux organisations ont rappelé que la CEI a mené cette opération dans les délais en 2015 et 2020, et exigent qu’elle soit réalisée avant la présidentielle d’octobre 2025, sous peine de priver des milliers de citoyens de leur droit de vote.
Face à la crise de confiance généralisée, les deux organisations proposent des solutions : La dissolution et la recomposition de la CEI, avec des membres apolitiques, désignés par consensus ; Un dialogue politique inclusif entre le RHDP, l’opposition et la société civile pour réformer le processus électoral ; L’audit de la liste électorale actuelle ; La réadaptation du calendrier électoral.
Pour la FIDHOP et la PEC-CI, seul un consensus national peut éviter une nouvelle crise, à l’image de celles de 2010 et 2020. « Le climat sociopolitique est tendu, les institutions électorales sont contestées, et les exclusions ciblées des principaux leaders de l’opposition risquent d’enflammer le pays. Le dialogue inclusif n’est plus une option, mais une nécessité absolue », a souligné Dr Boga Sako Gervais, Président de la FIDHOP.
Les deux organisations ont lancé un appel solennel à la communauté internationale, au gouvernement ivoirien et à tous les acteurs politiques : mettre en œuvre les conditions minimales de transparence et d’inclusivité pour garantir des élections crédibles en octobre 2025. À défaut, préviennent-elles, le pays risque de retomber dans une nouvelle spirale de violences politiques.
P.K.