Le cinéma Majestic du Sofitel Hôtel Ivoire a servi, le mardi 16 septembre 2025, d’écrin à la présentation officielle du film documentaire « Et si Kong m’était Ra-kong-té ». Réalisée par le journaliste Serge Koléa, cette œuvre cinématographique retrace la grandeur passée de la cité de Kong et de sa dynastie, tout en interrogeant la mémoire collective africaine. L’événement a réuni des personnalités de premier plan, parmi lesquelles Kandia Camara, présidente du Sénat et haut patron de la cérémonie, Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que le maire de Kong, Berthé Abdramane Tiémoko.
Pour Serge Koléa, ce documentaire d’une durée de 52 minutes, est l’aboutissement de plusieurs années de recherches, de voyages et de rencontres. « Ce film est né de la volonté de raviver une mémoire et de faire émerger un pan essentiel de notre histoire à travers l’image, le témoignage et la parole », a-t-il confié. L’idée a germé dès 2016, dans le cadre du programme Patrimoine Ivoire, avant de se concrétiser par le tournage lancé en 2022, avec le soutien des autorités locales et des gardiens de la tradition.
Le documentaire met en lumière l’histoire de l’empire de Kong, fondé au XVIIIᵉ siècle par l’Empereur Sékou Ouattara. Symbole de puissance, de spiritualité et de commerce, la cité fut un véritable phare de civilisation en Afrique de l’Ouest. À travers des images inédites, des témoignages et des reconstitutions, le film rend hommage aux figures qui ont marqué cette histoire et aux héritiers qui perpétuent encore aujourd’hui la mémoire de la dynastie.

Serge Koléa a salué la mémoire de Bakary Ouattara, ancien chef du village de Kong, et de Gogbeu Lucien, bibliothécaire, deux témoins essentiels récemment disparus. Il a également exprimé sa gratitude à Gaoussou Ouattara, garant moral et traditionnel, décrit comme l’un des « passeurs de mémoire » les plus importants de Kong, pour son rôle dans la conservation et la promotion du patrimoine.
Avec ce documentaire, Serge Koléa entend ouvrir une nouvelle page dans la narration historique africaine. « Si nous, cinéastes et historiens, ne racontons pas notre histoire, qui le fera à notre place ? » a-t-il lancé, plaidant pour que l’Afrique célèbre ses grandes figures au cinéma, à l’instar des nations européennes. Le réalisateur nourrit déjà un nouveau projet : produire un long-métrage de fiction consacré à l’histoire de Kong.

Françoise Remarck, marraine de l’événement, a souligné « un travail extraordinaire qui inscrit la Côte d’Ivoire dans une dynamique de préservation de son identité culturelle ». Elle a rappelé que cette initiative s’inscrivait dans la vision du président Alassane Ouattara, qui fait de la culture un pilier de développement et de rayonnement.
Kandia Camara a insisté sur la nécessité de « puiser la force de notre modernité dans la grandeur de nos civilisations passées », tout en annonçant un appui financier de deux millions de FCFA.
Le ministre Adama Diawara a, quant à lui, offert des kits de soutien à l’équipe de réalisation.
En attendant, « Et si Kong m’était Ra-kong-té » s’impose comme une œuvre de mémoire et de transmission. Plus qu’un simple film, il est une invitation à renouer avec les racines profondes d’une civilisation, et à redonner à Kong sa place dans le récit national et africain.
Pacôme Koffi