Au nom de la communauté Bidjan, Nanan Gouedan Anouman Louis Jacques, notable de Lokodjro et protocole des chefs Bidjan, est monté au créneau pour répondre à la controverse entourant l’authenticité du Djidji Ayôkwè. « On ne peut pas avoir de manifestation devant une copie, la manifestation c’est devant l’original », a-t-il déclaré, balayant les comparaisons issues d’une photographie montrant un enfant de colon assis sur un tambour à Bingerville. Selon lui, l’image brandie sur les réseaux sociaux ne représente pas le véritable Djidji Ayôkwè. Il rappelle que la “queue” du tambour originel avait été brisée au sanctuaire d’Adjamé avant sa déportation à Bingerville, soulignant que cet instrument sacré, sur lequel « le sang a coulé », n’aurait jamais pu être utilisé comme simple objet décoratif. Pour le porte-parole, le retour du tambour ancestral, conservé au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, est le fruit d’un engagement au plus haut sommet de l’État, notamment du Président Alassane Ouattara, avec l’implication du Premier ministre Robert Beugré Mambé et de la ministre de la Culture Françoise Remarck. Évoquant l’émotion ressentie lors d’une visioconférence avec les responsables du musée, Nanan Gouedan confie avoir eu « les larmes aux yeux ». À 65 ans, il se dit fier de voir revenir ce symbole communautaire et national, appelant à la retenue et au respect face à ce moment historique.
P.Koffi