Longtemps considéré comme un groupuscule des Baoulés et des Gouros, le peuple yowlê a décidé de s’affranchir mentalement. Il a donc pour son affirmation, organisé un événement de grande envergure dénommé : « Yoglo festival ». Pour cette première édition qui s’est tenue dans le village de Klan, ce peuple a présenté aux participants ses arts et cultures ancestraux,les
8, 9 et 10 septembre 2022. Trois jours considérés comme une date clé pour le peuple yowlê. Et qui pour la postérité, est gravée à jamais dans sa mémoire. Se sentant confondus ou dérivés des Baoulés et Gouros, les Yowlês ont décidé de défendre leur identité c’est pourquoi, ce peuple composé de 05 tribus pour 33 villages, a organisé ce festival pour mettre les choses à l’endroit. Alain-Charles Kouadio Ouitin, enseignant d’art dramatique, initiateur et commissaire général du Yoglo festival a mentionné : « L’existence de ce festival est dû au fait que le Yowlê est certes un petit peuple, mais il est de surcroît méconnu. Longtemps il a été assimilé à ses voisins Baoulé et Gouro, évidement plus nombreux. Nous voulons donc montrer aux yeux de la population ivoirienne que nous sommes un peuple à part entière, qui se reconnaît en une langue, une culture et des arts. Et qui a une structure sociale propre à elle. A travers donc ce festival, nous exprimons notre détermination d’être reconnus comme une entité à part entière et non un peuple vassal des autres. ». Comme contenu, ce festival placé sous le thème : « Notre culture, notre identité », a affiché des interventions parolières, des prestations artistiques, des défilés des couches sociales de chaque tribu, des présentations d’œuvres artistiques et d’outils usuels qui ont traversé les âges. Il y a eu par ailleurs la présentation et la dégustation des mets du peuple yowlê. Pour la présidente du comité d’organisation (Pco), Pauline Yao, épse Sériba, fille de ce peuple, vivant aux Etats-Unis d’Amérique, il était temps que le Yowlê se présente aux autres et s’affiche comme un peuple à part entière, doté de tous les instruments pour sa singularité. Cet événement qui s’affirme comme la rampe de lancement de l’affirmation du Yowlê comme l’une des composantes des peuples de Côte d’Ivoire, a été encouragé par Alomo Kouassi, le parrain de cette première édition. « Je félicite les organisateurs de ce festival qui vient saluer, faire rencontrer, vivre et exprimer la culture yowlê. Je vous remercie de mettre au goût du jour cet ensemble de traits distinctifs, matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent ce peuple. J’apprécie votre idée d’offrir un tremplin pour la présentation de la créativité, de forger une identité propre, de préserver et renforcer le sentiment d’appartenance à cette société. », a-t-il dit. Nanan Lazare Koffi Ti, chef central des Yowlês, a apporté sa caution à cet événement artistique, culturel et festif de manière présentielle.
Clément Koffi