La Côte d’Ivoire se rapproche de la sortie du régime de surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces pesant sur l’intégrité du système financier mondial. Réuni en session plénière en juin 2026, le GAFI a salué les progrès accomplis par le pays dans la mise en œuvre de son plan d’action engagé depuis octobre 2024.
Selon la déclaration publique de l’institution, les autorités ivoiriennes ont exécuté de manière substantielle les engagements pris dans le cadre de leur coopération avec le GAFI et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette avancée ouvre désormais la voie à une visite d’évaluation sur place, ultime étape avant une éventuelle sortie officielle de la « liste grise ».
Le GAFI souligne notamment que la Côte d’Ivoire a atteint la majorité de ses objectifs dans un délai inférieur aux prévisions. Alors que l’échéance initiale était fixée à septembre 2026, le pays est parvenu à mettre en œuvre l’essentiel des réformes en seulement dix-huit mois.
Parmi les avancées relevées figurent le renforcement de la coopération internationale dans les enquêtes financières, l’amélioration de la supervision des institutions financières et des professions non financières selon une approche basée sur les risques, ainsi que l’intensification des actions de sensibilisation à la conformité réglementaire.
Les autorités ont également renforcé les mécanismes d’identification et de vérification des bénéficiaires effectifs des personnes morales, amélioré l’application des sanctions en cas de manquements et accru l’utilisation du renseignement financier dans les enquêtes. Le nombre de poursuites liées aux infractions financières a par ailleurs progressé, tandis que le dispositif de sanctions financières ciblées a été consolidé.
Autre signe de reconnaissance, la Côte d’Ivoire a été désignée pour accueillir les réunions « face-à-face » réunissant les pays encore soumis à la surveillance renforcée, aux côtés de l’Angola, du Cameroun, du Kenya et du Soudan du Sud.
Pour les observateurs, une sortie effective de la liste grise constituerait un signal positif pour les investisseurs et les partenaires internationaux. Elle renforcerait la crédibilité du système financier ivoirien, améliorerait l’attractivité économique du pays et confirmerait les efforts engagés pour lutter contre les flux financiers illicites et promouvoir une gouvernance financière conforme aux standards internationaux.
P.K.
Source: Sikafinance