Affaire des 72 hectares à Anyama-Adjamé 4 Croix : Touré Ahmed Bouah contre-attaque avec un rapport d’expertise et affirme que Soumahoro Mory travaille hors des limites du mandat

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Abidjan, 9 septembre 2026 – Accusé par Soumahoro Mory, directeur de l’entreprise ESTP, et Ouattara Awa dans le cadre d’un différend portant notamment sur une parcelle de 72 hectares et un montant de 1,79 milliard de FCFA, le président-directeur général de Sophia Immobilier, Touré Ahmed Bouah, a décidé de répondre aux accusations. Il l’a fait ce mercredi 9 septembre 2026, à Cocody, lors d’une conférence de presse consacrée au différend foncier et contractuel qui oppose les différentes parties.

La rencontre s’est déroulée en présence notamment du chef du village d’Ayamé-Adjamé 4 Croix, Amon Siméon, venu apporter son témoignage sur la situation qui prévaut sur le terrain.

D’emblée, Touré Ahmed Bouah a voulu placer le débat sur le terrain des documents et des données techniques. « Je ne viens pas répondre à des attaques par d’autres attaques. Je viens opposer un rapport d’expertise, des plans, des coordonnées, des documents administratifs et une chronologie précise », a-t-il déclaré.

Pour le dirigeant de Sophia Immobilier, l’enjeu principal du dossier n’est donc pas la polémique née des différentes accusations, mais la localisation exacte des travaux réalisés par ESTP au regard du mandat qui lui aurait été confié.

Selon Touré Ahmed Bouah, Sophia dispose d’un ensemble foncier situé à Anyama-Adjamé et Anyama-Ahouabo, dont l’assiette aurait été révisée pour s’établir à 629 hectares 94 ares 83 centiares, contre une superficie initialement présentée comme plus importante. À l’intérieur de cet ensemble, explique-t-il, une superficie de 300 hectares aurait été confiée à ESTP et à Soumahoro Mory dans le cadre d’un mandat portant sur l’achèvement du lotissement et la commercialisation.

C’est précisément sur la localisation de ces 300 hectares que repose, selon le patron de Sophia Immobilier, le différend actuel. Touré Ahmed Bouah s’appuie notamment sur un rapport d’expertise foncière portant sur une assiette présentée comme étant de 643 hectares, réalisé par Coco Kouakou Habib, géomètre-expert agréé et expert près les tribunaux, et daté du 28 août 2026.

D’après les explications fournies lors de la conférence de presse, l’expertise a porté sur les documents fonciers et administratifs disponibles, les plans topographiques, les références cadastrales ainsi que sur des opérations de levés effectuées sur le terrain à l’aide notamment du GPS et du drone.

 

« Le terrain réellement travaillé n’est pas celui du mandat »

Pour Touré Ahmed Bouah, la principale conclusion du rapport est sans ambiguïté : les travaux réalisés par ESTP ne correspondraient pas au périmètre des 300 hectares qui lui auraient été confiés. Le dirigeant de Sophia Immobilier affirme que la superposition des différents plans et relevés topographiques fait apparaître une zone effectivement travaillée par ESTP située au sud du périmètre présenté comme étant celui de Sophia.

Selon son exposé, cette zone correspondrait à une superficie de 346 hectares 37 ares 41 centiares et comprendrait notamment des emprises relevant du Fonds de Prévoyance Militaire, de la CNPS et de l’IPS-CGRAE.

« Le mandat disait une chose. Le terrain exécuté en montre une autre », a résumé Touré Ahmed Bouah, estimant que cette différence de localisation constitue « le cœur de l’affaire ».

Il soutient ainsi que les dépenses et les travaux invoqués par ses contradicteurs doivent être examinés à la lumière de leur conformité au mandat initial, de leur localisation et de leur réception effective.

 

Sophia réclame un débat fondé sur les pièces

Face aux accusations évoquées contre lui et son entreprise, Touré Ahmed Bouah assure vouloir privilégier les documents aux déclarations publiques. Concernant les accusations de faux documents, il demande notamment que soient précisément identifiés les documents concernés, leurs numéros, leurs dates, leurs signatures et les éléments qui seraient prétendument falsifiés. De même, à ceux qui contesteraient les droits de Sophia sur les terrains concernés, il demande la production des actes juridiques qui auraient éventuellement éteint ou remis en cause ces droits. « Une accusation générale de faux ne suffit pas », a-t-il soutenu, appelant ses contradicteurs à répondre aux documents et aux conclusions techniques plutôt qu’à travers des attaques personnelles.

Une expertise contestable, mais qui doit l’être techniquement

Le patron de Sophia Immobilier reconnaît que le rapport d’expertise peut être contesté. Mais, selon lui, cette contestation doit se faire sur le terrain technique et juridique. Il a ainsi invité ses contradicteurs à produire, s’ils l’estiment nécessaire, une contre-expertise, un autre plan topographique ou tout autre document permettant de démontrer que les travaux réalisés correspondent bien au périmètre contractuellement confié.

« Nous sommes dans un État de droit », a-t-il déclaré, estimant que le différend doit désormais être tranché par les juridictions compétentes.

Touré Ahmed Bouah a annoncé que Sophia entend saisir la justice afin que soient notamment examinés le mandat, les 300 hectares confiés à ESTP, l’assiette foncière de Sophia, les plans et coordonnées topographiques, les travaux effectivement réalisés, les montants réclamés ainsi que les conséquences contractuelles de l’exécution alléguée hors périmètre. Il évoque également la possibilité de solliciter la révocation ou la résolution du mandat ainsi que la reddition des comptes, sous réserve des décisions des juridictions compétentes.

Le chef du village confirme avoir alerté Soumahoro Mory

Présent à la conférence de presse, Amon Siméon, chef du village d’Ayamé-Adjamé 4 Croix, a également livré sa version des faits. Selon lui, Soumahoro Mory aurait été informé qu’il intervenait en dehors des limites fixées dans le cadre du mandat attribué par Touré Ahmed Bouah.

« Nous avons informé M. Soumahoro Mory qu’il était hors des délimitations fixées par le mandat de Touré Ahmed Bouah et ce dernier ne nous a pas écouté et a continué ses travaux », a-t-il affirmé. Le chef du village soutient en outre que les travaux auraient été réalisés sur une parcelle qui n’aurait pas été attribuée à Soumahoro Mory par les autorités villageoises. Il affirme avoir demandé à l’intéressé de cesser ses activités, sans obtenir de suite favorable.

« Il dit être intouchable », a encore déclaré Amon Siméon, avant de qualifier les activités menées sur cette parcelle d’illégales.

Au terme de sa conférence de presse, Touré Ahmed Bouah a appelé à sortir de la confrontation médiatique pour privilégier les preuves. Pour le président-directeur général de Sophia Immobilier, trois éléments doivent désormais être au centre du débat : le mandat, la localisation des travaux et les comptes. « Aux accusations, nous privilégions les preuves. Aux paroles, nous souhaitons les plans. Aux montants accusés, nous voulons l’audit. Au conflit de périmètre, il faut une expertise. Et au désaccord persistant, nous souhaitons un recours à la justice », a-t-il conclu.

Le différend entre Sophia Immobilier, ESTP et les différentes parties prenantes pourrait donc désormais connaître une nouvelle étape devant les juridictions compétentes.

Abidjandassi.net

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