L’humoriste ivoirien, l’ambassadeur Agalawal, a accordé une interview exclusive le samedi 29 novembre 2025 à l’hôtel Pullman du Plateau. Il revient sur son entrée remarquée dans le distrack, partage son regard sur les clashs entre rappeurs, dévoile son actualité artistique et livre un message de paix.
Vous avez sorti un single pour répondre à Magnific dans le Distrack. Dans quel état d’esprit avez-vous réalisé cette réponse musicale ?
La sortie musicale de Magnific, dans le Distrack, s’est faite dans un esprit de convivialité, d’amusement. C’était une manière de nous titiller, de créer une émulation dans le milieu artistique. Nous l’avons pris en mode fair-play. Il n’y a rien de méchant là-dedans. Les fans l’ont bien perçu, le grand public aussi. L’objectif, c’était d’apporter un esprit d’amusement et de fraternité pour détendre l’atmosphère, surtout quand on sait à quel point les rappeurs étaient tendus. Nous voulions éviter que ça dévie vers la violence.

Quand avez-vous réellement débuté dans l’humour ?
Officiellement, ma carrière commence en 2009 avec Bonjour 2009. Je suis monté sur scène pour la première partie, et ça a plu. La diffusion a déclenché ma carrière. Avant cela, j’observais beaucoup les doyens : Adama Dahico, Gohou Michel, etc. Entre 2005 et 2009, la scène humoristique n’était pas celle d’aujourd’hui. Après mon entrée en 2009, Magnific est arrivé, puis les autres. Je n’ai pas eu de promotion spéciale ; c’est le talent et le travail qui ont ouvert le chemin.
Quel conseil donnez-vous aux rappeurs Himra et Didi B, dans ce contexte de clashs répétés ?
Pour moi, il n’y a pas vraiment de conseil à donner. Les clashs font partie de l’Adn du rap, et ce n’est pas propre à Himra ou Didi B. Cela n’a pas commencé avec leur génération, et ça ne va pas s’arrêter aujourd’hui. Cependant, ils doivent connaître les limites : comprendre que tout cela reste un jeu, un moteur de stimulation et de promotion. Il ne faut pas que ça bascule dans la violence réelle. Les clashs peuvent faire avancer le mouvement, à condition qu’ils restent musicaux. Pas dans les palabres.
Quelle est votre actualité artistique ?
Je poursuis mes activités. C’est vrai qu’on ne m’a pas beaucoup vu en 2025, mais j’étais engagé sur de nombreux projets. On se souvient du mon mariage, puis de mes deux shows au Palais des congrès de l’Hôtel Ivoire qui ont été de grands succès. J’ai aussi travaillé sur la construction de ma maison, j’ai beaucoup voyagé, à Niamey, Lomé, bientôt au Gabon et au Cameroun. Pour 2026, le grand projet reste mon prochain spectacle prévu pour mai. Nous finalisons juste la date avec la salle. Depuis 2017, je capitalise déjà sept grands spectacles à Abidjan. Donc non, mon actualité n’est pas ennuyante (rire).
Un mot sur la tentative de réconciliation entre Kerozen et Debordo menée par le président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo ?
Je ne connais pas le fond de leurs problèmes. Comme tout le monde, je découvre les informations sur les réseaux sociaux. Mais je pense qu’ils doivent comprendre qu’ils sont des modèles pour la jeunesse. Leur entente serait bénéfique pour le showbiz et pour leurs nombreux fans.
Réalisée par Pacôme Koffi