Un litige foncier séculaire déchire la tranquillité du village de Modeste et menace de fracturer la cohésion sociale à Grand Bassam. Les habitants de Modeste, notamment la chefferie, dénoncent des occupations frauduleuses orchestrées par certaines autorités locales et des opérateurs économiques.
Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 15 avril 2024 au palais de la chefferie de Modeste, les détenteurs de droits coutumiers ont mis en lumière l’occupation de 4 mille hectares de parcelles. Selon Moossou Kouamé Kouamé, secrétaire général et membre du grand conseil foncier du village, Modeste a remporté tous les procès liés à ce conflit foncier. Il dénonce des attestations frauduleuses émises par un autre chef de village et réclame la restitution des parcelles au nom de sa communauté.
Le secrétaire général accuse les villages voisins, ainsi que des ressortissants de pays limitrophes, d’avoir spolié et pillé les terres de Modeste. Il exhorte les occupants à régulariser leur situation à l’amiable, sous peine d’être chassés du territoire. La chefferie lance un appel aux autorités nationales pour intervenir dans ce différend, menaçant d’expulser les “prédateurs” du village.
La situation de Modeste, dernier village de la zone sud-comoé, rappelle par sa géographie stratégique celle d’Israël. Cependant, cette localité est confrontée à une menace bien réelle : la perte progressive de ses terres au profit d’acquéreurs peu scrupuleux.
En attendant une résolution définitive de ce litige, la communauté de Modeste se bat pour préserver son patrimoine foncier et restaurer la paix dans la région de Grand Bassam.
P.Koffi