À l’occasion d’une rencontre tenue jeudi 3 septembre 2026 à Aboisso, chef-lieu de la région du Sud-Comoé, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a appelé à un changement d’approche dans la lutte contre l’orpaillage illégal.

Pour le ministre, les nombreuses opérations de déguerpissement menées par l’État au cours des dernières années n’ont pas permis d’éradiquer durablement le phénomène. « Malgré toutes ces solutions, pourquoi le phénomène persiste ? », s’est-il interrogé. Sa réponse est claire : « Le phénomène persiste parce que le tout-répression ne suffit pas. Il faut donner aux populations une alternative. »
Devant le corps préfectoral, les élus régionaux et la chefferie traditionnelle, il a défendu une stratégie fondée sur la participation des communautés locales, la création d’alternatives économiques et la protection des secteurs essentiels au développement de la Côte d’Ivoire.
Mamadou Sangafowa-Coulibaly estime ainsi que la lutte contre l’exploitation minière clandestine doit désormais davantage impliquer les populations. « Il faut que nous mettions les communautés au cœur de la recherche de solutions », a-t-il insisté. Selon lui, les chefs traditionnels, en raison de leur proximité avec les populations, ont un rôle déterminant à jouer dans la sensibilisation, la prévention et la mobilisation contre les activités illégales.
Le ministre a également appelé à un « parler vrai » sur la question, soulignant que les conséquences de l’orpaillage illégal touchent l’ensemble de la société. Dégradation des terres, pollution des ressources en eau, fragilisation de l’agriculture et perte de contrôle de certains territoires constituent, selon lui, des enjeux majeurs. « Nous sommes tous perdants si cela persiste », a-t-il averti.
Au-delà de l’orpaillage illégal, le ministre a rappelé la vision du gouvernement concernant la valorisation du potentiel minier de la Côte d’Ivoire. Il a inscrit cette politique dans la continuité de la vision de Félix Houphouët-Boigny, qui avait fait de l’agriculture une priorité après l’indépendance tout en prévoyant que les générations futures valoriseraient davantage les richesses du sous-sol.
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, le président Alassane Ouattara entend désormais tirer davantage profit des ressources minières du pays pour répondre aux besoins croissants de développement. Mais cette exploitation doit respecter des principes fondamentaux. « L’exploitation de notre sous-sol ne doit pas se faire au détriment de l’agriculture », a-t-il affirmé, plaidant au contraire pour que les revenus et retombées du secteur minier contribuent au développement agricole.
La préservation de l’environnement et l’équité dans la redistribution des revenus au profit des générations présentes et futures figurent également parmi les priorités évoquées.

Les autorités et responsables du Sud-Comoé ont apporté leur soutien à cette orientation. Dr Eugène Aka Aouélé a dénoncé l’orpaillage illégal comme une catastrophe écologique et un réseau structuré de criminalité. Sa Majesté Amon Tanoé Désiré a, de son côté, alerté sur la dégradation des ressources en eau et réaffirmé la disponibilité de la chefferie traditionnelle à accompagner les autorités.
La rencontre d’Aboisso marque ainsi la volonté de privilégier une réponse globale : fermeté contre l’illégalité, implication des communautés et création d’alternatives, afin de faire du secteur minier un véritable levier de développement sans sacrifier l’agriculture et l’environnement.
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