La Direction générale des impôts (DGI) entend franchir le cap des 6 000 milliards de FCFA de recettes fiscales en 2026. À fin septembre, elle a mobilisé 4 469,16 milliards de FCFA, soit 99,5 % de son objectif cumulé. Pour atteindre cette ambition, l’administration fiscale mise sur le renforcement du contrôle fiscal, l’élargissement de l’assiette et l’amélioration du civisme fiscal.
Réunis ce jeudi 23 octobre 2026, au Radisson Blu d’Abidjan, à l’occasion du séminaire-bilan du troisième trimestre et des perspectives du quatrième, les responsables de la DGI ont évalué les performances enregistrées et identifié les leviers susceptibles d’accroître les recettes publiques d’ici à la fin de l’année.
Des résultats en progression malgré un léger déficit
Au troisième trimestre 2026, la DGI a collecté 1 476,24 milliards de FCFA, pour un objectif de 1 504,4 milliards, soit un taux de réalisation de 98,12 %. Le déficit trimestriel s’établit à 28,7 milliards de FCFA.
Malgré cet écart, les recettes progressent de 227,54 milliards de FCFA par rapport à la même période de 2025, soit une hausse de 18,22 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, la croissance atteint 18,88 %, correspondant à une augmentation de 708,76 milliards de FCFA en glissement annuel.
Pour Sié Abou Ouattara, directeur général des impôts, ces performances restent encourageantes, mais le potentiel fiscal demeure insuffisamment exploité. L’objectif initial annuel étant fixé à 5 890 milliards de FCFA, la DGI entend désormais dépasser les 6 000 milliards.
Le quatrième trimestre sera donc décisif.

Selon Vassogbo Bamba, directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, représentant le ministre Adama Coulibaly, les prévisions de mobilisation, tenant compte des écarts enregistrés et de l’ambition affichée, avoisinent 1 531 milliards de FCFA.
Un contrôle fiscal plus ciblé et plus équitable
Placés sous le thème « Bilan du contrôle fiscal : résultats, difficultés et propositions d’amélioration », les travaux ont mis l’accent sur la nécessité de concilier rendement fiscal et respect des droits des contribuables.
La DGI privilégie désormais une sélection des entreprises à contrôler fondée davantage sur l’analyse des risques. La création de la Direction des enquêtes, du renseignement et de l’analyse des risques participe à cette réorganisation, destinée à mieux cibler les anomalies fiscales et à limiter les contrôles redondants.
Le renforcement des effectifs de vérificateurs et la réorganisation des brigades figurent également parmi les mesures engagées pour améliorer l’efficacité des opérations.
Élargir l’assiette fiscale grâce aux réformes
La modernisation du cadastre, la fiscalisation de secteurs encore peu couverts, notamment dans l’économie informelle, et le contrôle de la facture normalisée électronique constituent d’autres priorités.
Ces orientations s’inscrivent dans les ambitions du Plan national de développement 2026-2030, dont le financement global est estimé à 114 838,5 milliards de FCFA.
Au-delà des redressements immédiats, la DGI souhaite encourager les déclarations spontanées et les paiements réguliers. À l’approche de la clôture de l’exercice, le défi consiste à transformer la progression des recettes en résultats durables, tout en consolidant l’équité et la crédibilité du système fiscal ivoirien.
Pacôme koffi