Abidjan accueille, du 20 au 22 juillet 2026, la session conjointe des experts du 9ᵉ Comité technique spécialisé de l’Union africaine (UA) en charge des finances, des affaires monétaires, de la planification économique et de l’intégration, et du 5ᵉ Comité technique spécialisé consacré au commerce, au tourisme, à l’industrie et aux ressources minérales. Placée sous le thème « Financer l’industrialisation de l’Afrique pour un développement durable », cette rencontre réunit des experts venus de plusieurs pays africains autour des grands défis de la transformation économique du continent.
Durant trois jours, les participants examineront plusieurs questions stratégiques, notamment la nouvelle architecture financière africaine, la mobilisation des ressources intérieures, la lutte contre les flux financiers illicites, les corridors économiques et industriels, la soutenabilité de la dette ainsi que les mécanismes africains d’investissement et de financement.
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, le directeur de cabinet adjoint, Bamba Vassogbo, a salué le choix porté sur la Côte d’Ivoire pour accueillir cette rencontre continentale. Selon lui, cette désignation traduit la reconnaissance du rôle joué par le pays dans les réflexions sur la transformation économique de l’Afrique.
Tout en rappelant que le continent a enregistré une croissance soutenue au cours des deux dernières décennies, il a souligné que celle-ci ne s’est pas encore traduite par une industrialisation suffisamment forte. L’Afrique, qui représente près de 18 % de la population mondiale, ne contribue qu’à environ 2 % de la valeur ajoutée manufacturière mondiale.
Pour Bamba Vassogbo, le véritable défi consiste désormais à mobiliser les financements nécessaires pour soutenir les infrastructures, développer les chaînes de valeur régionales, encourager l’innovation et renforcer les capacités industrielles. Il a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée associant politiques commerciales, budgétaires, monétaires et industrielles.
Évoquant les ambitions de la Côte d’Ivoire, il a rappelé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030, estimé à 114 838,5 milliards de FCFA d’investissements, dont plus de 70 % attendus du secteur privé, illustre la volonté du gouvernement d’accélérer la transformation productive du pays.
Il a enfin souligné que la réussite de cette ambition passe par une coopération renforcée entre les États africains, estimant que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue un levier majeur pour bâtir un marché intégré, attirer les investissements et stimuler une industrialisation durable à l’échelle du continent.
P.K.